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Itinéraire

d'une coach multipotentielle : Virginie

· Judith et Virginie

VIRGINIE CUPILLARD - Psychopraticienne et Coach

De façon étrange j’ai toujours eu le sentiment de venir d’ailleurs. Un peu comme une extraterrestre débarquée en terra incognita. J’ai commencé à faire un travail sur moi très jeune pour des raisons familiales et au fil des années je suis devenue coach puis psychopraticienne. J’ai vécu beaucoup en groupe, d’abord dans ma famille puis en entreprise. Souvent j’étais déboussolée. J’avais l’impression de parler parfaitement français et pourtant d’être incomprise. Manifestement j’allais vite dans mon travail et dans tout ce que je faisais et cela était naturel pour moi. La première personne à m’avoir alertée est ma belle-mère, il y a encore quelques temps elle me disait « tu m’as enterrée un nombre de fois incroyables. Tu allais tellement vite et je ne pouvais pas suivre. Et puis quand tu avais fini tu enchainais autre chose, toujours aussi vite. » Au travail je finissais vite, je m’ennuyais alors je trouvais d’autres projets. J’étais devenue multitâches, on me confiait d’autres missions en plus de mon job principal. J’apprenais vite, j’ai bougé géographiquement et fait des métiers différents sans que cela soit particulièrement compliqué. En fait tout m’intéresse ou presque. Je crois que cela faisait flipper mes patrons. J’avais un plan A et un B et un C. Je savais ce qui allait se passer dans six mois mais je n’avais rien pour étayer mes conclusions. J’avais une autre particularité, je pouvais passer du conceptuel à l’opérationnel sans difficulté et j’avais besoin des deux. Une psychologue avec qui j’avais travaillé dans un cabinet conseil, à l’issu d’un test MBTI, me disait que je faisais partie des rares personnes à avoir un score très élevé dans les deux dimensions. A l’époque je n’ai pas mesuré ce que cela voulait dire. Un de mes gros problèmes, c’est que je ne comprenais pas que les autres ne comprennent pas ou ne voient pas ce qui me sautait aux yeux. Régulièrement ils ont pensé que je voulais leur poste alors que pas du tout. Ce que je faisais m’intéressais, je le faisais bien parce que j’étais payée pour ça. Rien que de très normal pour moi. Il fallait que les choses aient du sens sinon je bloquais et cela m’impactait émotionnellement. Je ne me trouvais pas particulièrement intelligente et on me répliquait souvent que j’étais brillante. Encore un mystère. Une des choses importantes que m’ont renvoyée les personnes que j’ai accompagnées était que je connectais entre elles des choses auxquelles personne ne pensait. Une sorte de vision à 360° tout le temps et le cerveau qui tourne et la fatigue qui vient car il est difficile d’arrêter de penser. J’ai besoin de moments de solitude même si j’aime profondément être avec d’autres personnes et que ce qui m’intéresse par-dessus tout ce sont les gens. Qui ils sont. Le bruit m’est difficile, le silence fait partie des choses dont j’ai besoin pour me ressourcer. Je fais donc partie des hypersensibles empathiques. Comment j'ai découvert ma différence : La première personne qui m’en a parlé est une collègue coach, il y a une dizaine d’années. Elle avait un fils HP et m’a dit que j’étais certainement « surdouée ». A vrai dire cela m’a fait rire et je suis passée à autre chose. Je ne connaissais pas le sujet. Puis un ami, quelques années plus tard. Il avait deux fils HP, en faisait partie lui-même, et m’a incitée à lire le livre « Trop Intelligent pour être heureux ». Ça m’a fait un choc. Je cochais toutes les cases ou presque. Du coup je comprenais bien des choses. Ensuite c’est un psychiatre avec qui je travaillais qui a validé le diagnostic.

Et en quoi consiste cette différence ? Je dirais que je vois ce que la plupart des gens ne voient pas. Ma pensée est en arborescence. Je connecte spontanément des choses que, généralement, personne ne pense à relier. De ce fait ma pensée est originale. Je prévois également ce qui va se passer sans pouvoir expliquer pourquoi. Je sais que cela va se passer et généralement je ne me trompe pas. Comme si j’avais la conclusion avant d’avoir le déroulé. Un autre point, j’ai une dyspraxie logico-mathématique qui a été diagnostiquée il y a deux ans. Je comprends les concepts mathématiques mais les chiffres ne me parlent pas. Comme si mon cerveau se bloquait. Depuis j’ai appris qu’il y a beaucoup de « dys » chez les HP. Naturellement j’ai évité les métiers où il faut travailler sur des chiffres en permanence. En dernier lieu, je dirais que je me sens différente, parfois en décalage avec le reste du monde, sauf dans mon métier de coach et de psychopraticienne. Dans ce cadre, c’est un atout d’être hyper sensible et empathique et de voir l’invisible. Cela demande bien sûr de savoir se préserver, mais cela s’apprend. J’ai besoin d’être libre et autonome dans mon travail ce qui ne m’empêche nullement de travailler en réseau avec des personnes très variées.

Et voici ce que cela a changé dans ma vie : TOUT ! Je n’étais pas folle, je pouvais transformer cette différence en force et en faire un outil au service de ce que j’aimais le plus faire : accompagner et soigner. Puis, comme par hasard, je me suis mise à rencontrer des gens comme moi, de plus en plus. Comme si le fait de savoir nous faisait nous reconnaitre. D’avoir dans mon entourage proche des HP et des A-HP me repose. La communication est simple. On va vite ensemble. On se comprend bien. On se stimule. On rit aussi beaucoup ! J’ai aussi pris conscience que j’avais besoin de temps de repos. La vitesse d’exécution n’exclut pas la fatigue, donc je fais des pauses. Voici ce que cela donne dans mon travail... En coaching ou en psychothérapie c’est évident. Je pense à m’adapter à l’autre. A sa vitesse à lui mais je sais où on va, spontanément, même si je ne le dis pas. D’ailleurs, je peux me tromper donc je laisse la personne prendre ou pas les retours que je lui fais. Je travaille aussi en mode décodage et en mode faire, c’est-à-dire que j’invite mes clients à expérimenter. C’est assez proche des TCC (Thérapie Comportementales et Cognitives) parfois. En comprenant le pourquoi de ce qui se joue, les personnes que j’accompagne changent leurs croyances et les comportements nouveaux, plus adaptés et écologiques pour eux et leur entourage, suivent et se mettent en place naturellement. Comme je sais que je vais vite dans ce que j’ai à faire, je stresse moins et prends des temps de repos pour me ressourcer. Je me canalise. Je suis intéressée par plein de choses donc je pourrais avoir trois jobs en même temps. Aujourd’hui, je sais que c’est néfaste pour ma santé alors je me tempère et gère les priorités davantage. J’élague. J’apprends à dire « non » même si cela m’intéresse. En général, j’arrive à des résultats plutôt rapides avec les personnes que j’accompagne. Parfois c’est fulgurant et cela ne cesse de m’étonner. Je crois que cette différence me donne une qualité d’écoute particulière. Je peux tout entendre sans être gênée mais cela va sans doute de pair avec le travail approfondi que j’ai fait sur moi. Je n’ai pas peur de ce qu’on me dit et je n’ai pas peur de dire. On rit, on pleure et la parole est très libre car j’aime celles et ceux qui viennent travailler avec moi. J’ai une confiance inébranlable dans leur capacité à avancer dans la vie et à passer les caps. Je n’ai pas peur de la différence et suis très consciente que ce qui est bon pour moi n’est pas forcément bon pour les autres. Je les laisse libre. J’aime nos imperfections humaines, nos différences. Je sais que je ne peux rien pour l’autre s’il ne veut rien pour lui. Dans mon métier c’est une grande force je crois.

Et quand vous prendrez conscience de votre différence... Osez accueillir cette différence comme une chance ! Essayez de comprendre et de mettre des mots sur la souffrance que cela a généré dans votre vie et puis tentez de regarder le monde autrement. Si on regarde de plus près on est toutes et tous différents. Pour vivre bien, il convient de lâcher ses propres repères pour aller à la rencontre de ceux des autres. Cela ressemble à une expérience d’expatriation : un autre monde, d’autres modèles, d’autres façon d’être que l’on peut accueillir pour se rejoindre. Et oui, cela implique de communiquer autrement.

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