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Itinéraire

d'une coach multipotentielle : Judith

· Judith et Virginie

Judith Sitruk - Coach

L’école était pour moi à la fois un havre de paix et de plaisir, et un lieu de grandes difficultés sociales. J’avais peu des autres, on se moquait beaucoup de moi, je n’avais pas d’amis, je pleurais souvent mais j’étais tellement heureuse d’apprendre vite et bien. J’aimais les maîtresses qui savaient me donner encore plus de travail quand elles voyaient que j’avais déjà fini. J’aimais apprendre des nouvelles choses, dire ce que je pensais et ce que je savais. J’aimais aussi aider les autres. Ça fusait tout seul dans ma tête, et au moins ça, personne ne pouvait me l’enlever. Et puis j’aimais par-dessus tout lire. M’échapper. Plus tard, j’ai été victime de ce que l’on appelle l’échec paradoxal. Je n’ai jamais appris à apprendre, en bonne paresseuse que j’ai toujours pensé être. Tout ce que je savais, je le comprenais en cours, ou jamais… Les examens ont toujours été une vraie torture pour moi. J'apprends très vite ce qui m'intéresse, et pour le reste, je garde les choses de façon globale. Le par-coeur n'a pas beaucoup de sens pour moi. Plus tard, en entreprise, je n'aimais et je ne savais pas suivre des procédures ni répondre à des demandes précises ou faire du reporting. Par contre, je savais interagir avec toutes les strates de la hiérarchie sans timidité ni crainte. On m'aimait bien, mais je ne donnais pas souvent les résultats attendus ! Et puis, j’ai eu la chance immense de rencontrer celui qui est maintenant mon mari depuis 40 ans. Trois enfants, des petits-enfants, une jolie cohésion familiale. Au moment de démarrer la famille, je suis devenue femme au foyer. Et cela a duré une quinzaine d’années. Pendant lesquelles j’ai écrit un livre, animé des émissions de radio, organisé des conférences, fait du bénévolat, vécu à l’étranger… Pas de chef, une grande autonomie, un sens de la débrouillardise très souvent mis à contribution, un plaisir et une angoisse extrêmes à faire les choses : la vraie vie, quoi !!! C'est à 50 ans que j'ai tourné une nouvelle page professionnelle, le début de cette aventure magnifique dans laquelle je me retrouve totalement alignée. Coach et formatrice, en profession libérale, je m’épanouis en toute autonomie, en menant de front de nombreux projets qui ne me demandent que de l’intuition, de l’imagination et la dose de travail -parfois énorme- que je me prescris. Ma différence ? Depuis toute petite, j’ai été différente. Mais pour moi, c’était dû à mes origines et à mon statut d’immigrée, pauvre, mal habillée et pas du tout au courant de ce qui se passait parmi les jeunes. Mon intelligence brillante et décalée ne me semblait ni une spécificité, ni un atout. J’étais juste fabriquée comme ça. Et en plus, je faisais tout de travers et jamais comme on l’attendait. En fait, j’ai vraiment pris conscience de ma véritable différence à l’âge de 57 ans, quand j’ai eu mon diagnostic du Syndrome d’Asperger. Là, toutes les pièces du puzzle se sont enfin mises en place et j’ai compris ! C’est comme si, dans un jeu vidéo où vous croyez avoir perdu la partie, on vous annonçait « Il vous reste une vie ! ». Une deuxième vie, en conscience cette fois-ci. Une vie que je pouvais comprendre, où je pouvais me comprendre et comprendre les autres, et que je pouvais maîtriser. En fait, ce que cela m’a vraiment apporté, c’est de savoir m’utiliser à fond. D’un côté, une grande puissance dans certains domaines. De l’autre, un besoin d’indulgence avec les faiblesses et les incapacités inhérentes à ma condition. Un exemple : j’étais fatigable et j’avais parfois besoin de grandes plages de repos après des marathons intellectuels où j’avais tout donné parce que j’aimais tellement ce que je faisais que je m’y perdais. Et voici quelques-unes de mes spécificités. J'ai la capacité de traiter les informations à grande vitesse, et quand je me laisse guider par mon intuition et par mon hypersensibilité, je suis capable de déchiffrer très vite mes interlocuteurs ou les personnes qui passent dans mon champ de vision. C’est d’autant plus vrai quand je suis en posture de coach ou de formatrice. Je détecte de manière instantanée les moindres micro-signaux verbaux et non-verbaux, et ce, même à travers un écran d’ordinateur, puisque je travaille beaucoup à distance. Je sais ainsi m’adapter à leur rythme et à leurs besoins pour être au plus près d’eux et jouer mon rôle de miroir d’une manière très professionnelle. J’ai compris également que chaque chose qui se présente à mon esprit m’ouvre des abîmes de réflexions et de liens qui m’emmènent bien trop loin pour être capable de produire, par exemple, un reporting. Cela a induit une attitude bien spécifique. La connaissance de mon potentiel me rend très humble. En effet, j’ai compris que nous étions tous très différents, parfois avec des différences lourdes à porter, visibles ou invisibles, connues ou inconnues. Et qu’il est primordial, dans le métier de l’accompagnement, de se mettre à l'endroit de chaque autre, d’aller avec lui là où il en est, de l’aider à mieux se déchiffrer et se comprendre, ainsi qu’à mieux comprendre que les autres sont différents de lui, et puis l’amener à utiliser ses ressources propres vers les objectifs qu’il s’est fixés. Ces étapes préliminaires de connaissance de soi et de compréhension du monde à travers le filtre des différences sont ma marque de fabrique et me permettent de mener des coachings de très grande qualité, dont les clients ressortent grandis et plus en maîtrise de leurs vies. Et si je peux me permettre un conseil : Apprenez à vous comprendre, à connaître votre différence, à ne pas en avoir peur et à vous utiliser au mieux pour vous et pour les autres ! Pour moi, c'est la clé de l'équilibre.

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